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Premier contact : ce que vous révélez sans le savoir
Par Simon · Mis à jour le · 3 min de lecture
Sommaire
En 2025, Cybermalveillance.gouv.fr a vu bondir deux types de demandes chez les particuliers : les cas liés aux fuites de données (+107 %) et le cyberharcèlement (+134 %) (top 10 des cybermalveillances 2025). Les signalements de sextorsion, eux, ont atteint 29 000 en 2024, en hausse de 460 % en trois ans (ministère de la Santé / OFMIN). Dans la plupart de ces cas, la victime a fourni elle-même, sans s'en rendre compte, les informations utilisées contre elle. Ce guide fait l'inventaire de ce qu'un premier contact peut révéler, et de la façon de l'éviter.
Ce que révèle un simple numéro
Envoyer un message depuis votre numéro personnel donne accès à bien plus qu'un numéro.
| Ce que l'autre personne peut voir | Où | Comment le masquer |
|---|---|---|
| Votre photo de profil | WhatsApp, Telegram, Signal | Réglages de confidentialité : photo visible par « Mes contacts » uniquement |
| Votre prénom ou votre nom | Nom de profil des messageries | Utiliser un prénom d'usage, ou aucun nom |
| Votre statut et votre « dernière connexion » | Désactiver ces informations dans les réglages | |
| Vos comptes associés | Applications qui retrouvent les contacts à partir du numéro | Ne pas utiliser votre numéro principal |
La solution la plus simple est un second numéro, sur une carte SIM ou une eSIM dédiée, qui ne soit lié à aucun réseau social ni à votre messagerie principale.
Les photos qui en disent trop
Une photo envoyée peut contenir bien plus que l'image :
- les métadonnées : certaines photos conservent l'heure, le modèle du téléphone et parfois la position GPS de la prise de vue. La plupart des messageries les suppriment à l'envoi, mais pas les envois par e-mail ou sous forme de fichier ;
- l'arrière-plan : une fenêtre, un objet reconnaissable, un badge professionnel ;
- le visage : une fois envoyé, il ne vous appartient plus.
Règle simple : aucune photo de visage, aucune pièce d'identité, aucun document professionnel lors d'un premier contact, même si l'on vous assure qu'il s'agit d'une « vérification ».
Trois réglages en cinq minutes
- Limiter la visibilité de votre profil sur chaque messagerie (photo, nom, statut, dernière connexion) aux seuls contacts enregistrés.
- Activer la double authentification sur votre messagerie et votre compte e-mail. Un code reçu par SMS ne doit jamais être transmis à qui que ce soit : c'est le moyen le plus courant de pirater un compte.
- Séparer les usages : un second numéro pour les échanges liés aux annonces, sans lien avec vos réseaux sociaux.
Si le chantage commence
Le schéma est presque toujours le même : une menace de diffusion d'images ou d'informations, puis une demande d'argent, souvent en coupons prépayés. Cybermalveillance.gouv.fr est catégorique : ne payez pas, car les auteurs « ne se contentent généralement pas d'un seul paiement » (fiche sextorsion).
- Ne payez pas et cessez de répondre.
- Conservez les preuves : captures d'écran des messages, du profil et des numéros.
- Signalez le compte à la plateforme ou à la messagerie utilisée.
- Portez plainte. Les adultes victimes de chantage avec demande d'argent peuvent le faire en ligne sur la plateforme THESEE (economie.gouv.fr).
- Faites-vous aider : 17Cyber sur Cybermalveillance.gouv.fr ; un mineur victime peut appeler le 3018.
Une semaine plus tard, un second message se présentant comme une « convocation » de police ou de justice réclame parfois une « amende ». C'est une seconde arnaque : les forces de l'ordre ne réclament pas de paiement par e-mail. Voir l'exemple 4 de notre page Anatomie de quatre fausses annonces.
Ce que prévoit la loi
Le chantage reste un délit, quel que soit le contexte de l'échange. Le Code pénal le punit de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende (article 312-10). Diffuser sans accord des images à caractère sexuel d'une personne est également un délit, puni de deux ans d'emprisonnement et de 60 000 € d'amende (article 226-2-1). Être victime de chantage n'empêche pas de porter plainte.
Vos questions, nos réponses
- Un second numéro est-il vraiment utile ?
- Oui. C'est la mesure qui protège le plus : il coupe le lien entre l'échange et votre identité, vos réseaux sociaux et votre messagerie principale.
- Faut-il payer pour faire cesser un chantage ?
- Non. Payer entraîne presque toujours de nouvelles demandes.
- Peut-on porter plainte quand on a soi-même répondu à une annonce ?
- Oui. Le chantage et la diffusion d'images sans accord sont des délits, quelle que soit la situation de la victime.
Sources : Cybermalveillance.gouv.fr, 2025 ; ministère de la Santé / OFMIN ; economie.gouv.fr ; Code pénal.
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