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Observatoire

Observatoire des annonces en ligne : méthodologie et chiffres officiels

Par Luizkess · Mis à jour le · 7 min de lecture

Sommaire

Ce que publie l'Observatoire

L'Observatoire rassemble, vérifie et met en perspective les chiffres publics sur les annonces en ligne, la fraude qui les accompagne et l'application de la loi. Nous ne produisons pas nos propres comptages : chaque chiffre publié ici vient d'une source nommée, datée et accessible en ligne.

Nous publionsNous ne publions pas
Des statistiques officielles (police, justice, Banque de France, ministères)Des comptages d'annonces réalisés par nos soins
Des résultats de recherche publiés et relus par des pairsDes données sur des personnes identifiables
Les chiffres d'associations, attribués à l'association qui les produitDes annonces réelles, même anonymisées
Des exemples d'annonces fictifs, signalés comme tels, pour illustrer les signaux d'alerteDes estimations non sourcées

Pourquoi nous ne collectons pas de données nous-mêmes

Une annonce d'escort révèle des informations sur la vie sexuelle de la personne qui la publie. Le RGPD range cette information parmi les données sensibles (article 9), dont le traitement est en principe interdit sauf exceptions encadrées. La CNIL a précisé en juin 2025 les mesures qu'impose la collecte automatisée de pages web (« moissonnage ») : définir à l'avance des critères précis, exclure les données inutiles et écarter les sites qui s'y opposent par leurs fichiers robots.txt ou des CAPTCHA (CNIL, fiche moissonnage).

Aspirer des sites d'annonces pour produire nos propres statistiques exposerait des personnes qui n'ont rien demandé, pour un bénéfice d'information limité. Nous avons donc choisi de ne pas le faire. Cette page explique comment nous sélectionnons et vérifions les chiffres que nous reprenons.

Comment nous choisissons et vérifions nos sources

Quatre niveaux de sources

NiveauExemplesComment nous les citons
1. Statistique publiqueSSMSI (ministère de l'Intérieur), Banque de France (Observatoire de la sécurité des moyens de paiement), Miprof et Observatoire national des violences faites aux femmes, Cybermalveillance.gouv.fr, INSEEChiffre, institution, document et date de publication
2. Recherche publiéeArticles relus par des pairs (Scientific Data, 2025), rapports financés par le National Institute of Justice américainAuteurs, revue ou commanditaire, année
3. Associations et ONGFondation Scelles, Amicale du Nid, Médecins du Monde, Fédération Parapluie RougeToujours attribués nommément : « selon l'association X »
4. PresseQuotidiens nationaux et régionauxUniquement pour relayer une source primaire, et signalé comme tel

Nos règles de vérification

  1. Remonter à la source primaire. Un chiffre lu dans un article est retrouvé dans le document d'origine avant publication. S'il ne peut pas l'être, il est publié avec la mention « relayé par » et le nom du média.
  2. Afficher les désaccords plutôt que de choisir. Quand deux sources donnent des chiffres différents, nous publions les deux. Exemple : le nombre de mineurs en situation de prostitution est estimé entre 7 000 et 10 000 par le gouvernement, et entre 10 000 et 15 000 selon d'autres estimations reprises par la presse.
  3. Préférer le chiffre définitif au chiffre provisoire. Le SSMSI annonçait en janvier 2026 une hausse provisoire de 8 % des escroqueries en 2025 ; son bilan définitif de juillet 2026 indique 7 %. Nous citons le second.
  4. Dater chaque chiffre. Un chiffre sans année n'est pas publié.

L'orientation des sources

Sur la prostitution, il n'existe pas de source neutre. Les institutions françaises (Miprof, Office central pour la répression de la traite des êtres humains) et une partie des associations (Mouvement du Nid, Fondation Scelles) défendent l'abolition de la prostitution. D'autres acteurs, comme Médecins du Monde ou les associations de santé communautaire réunies dans la Fédération Parapluie Rouge, critiquent la loi de 2016.

Nous ne trions pas les chiffres selon ces positions. Nous nommons l'institution derrière chaque chiffre pour que le lecteur sache d'où il parle.

Ce que les chiffres mesurent, et ce qu'ils ne mesurent pas

Trois quantités à ne pas confondre

QuantitéCe qu'elle comptePourquoi elle diffère des autres
AnnoncesDes pages publiées sur des sitesUne même personne peut publier plusieurs annonces ; une annonce-arnaque ne correspond à personne
PersonnesLes individus qui proposent des prestationsEstimées, jamais comptées directement ; les estimations françaises varient presque du simple au double
VictimesLes personnes enregistrées par la police, la justice ou une associationNe recouvrent que les situations détectées et signalées

Stock ou flux

Un « nombre d'annonces quotidiennes » peut désigner les annonces visibles un jour donné (un stock) ou les annonces publiées ce jour-là (un flux). Les deux chiffres officiels français les plus cités, plus de 400 000 annonces par jour tous sites confondus et 35 000 à 40 000 sur la principale plateforme, ne précisent pas lequel des deux ils mesurent. Nous les reprenons donc comme des ordres de grandeur, sans les additionner ni les comparer entre eux.

Limites générales

  • Les doublons gonflent tout comptage d'annonces. Une étude portant sur plus de 10 millions d'annonces américaines montre que les annonces-arnaques sont publiées en masse et que, mal traités, les doublons faussent les analyses (Freeman et al., Scientific Data, 2025).
  • Les statistiques policières mesurent l'activité des services autant que le phénomène lui-même : une hausse des contraventions peut refléter plus de contrôles, pas plus d'infractions.
  • Les séries changent parfois de définition. Nous le signalons sous chaque graphique concerné.

Mise à jour et corrections

SourcePublication habituelleNotre mise à jour
Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d'activitéMarsAvril
SSMSI, bilan annuel de la délinquanceJanvier (provisoire), juillet (définitif)Après le bilan définitif
Banque de France, rapport de l'OSMPSeptembreOctobre
Miprof, lettre de l'Observatoire national des violences faites aux femmesVariableÀ chaque parution

Une erreur ? Écrivez-nous à help@escorts-annonce.com. Chaque correction est datée et listée en bas de la page concernée.

Les chiffres

Repères : l'ampleur des annonces en ligne en France

RepèreChiffreSourceAnnée
Annonces publiées chaque jour, tous sites confondusplus de 400 000Fondation Scelles, citée par la Miprof, Lettre n° 202024
Annonces publiées chaque jour sur la principale plateforme35 000 à 40 000Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), cité par la Miprof2024
Contacts de prostitution passant par une annonce en ligne62 % (rue : 30 % ; lieux fermés : 8 %)Observatoire national des violences faites aux femmes, d'après l'OCRTEH2015
Personnes en situation de prostitution30 000 à 40 000, chiffre jugé « certainement sous-évalué »Forces de sécurité, citées par la Miprof2024
Victimes majeures enregistrées par la police et la gendarmerie1 584, dont 95 % de femmes et de fillesSSMSI, cité par la Miprof, Lettre n° 272025
Victimes mineures enregistrées416 (proxénétisme) et 288 (recours à la prostitution d'un mineur)SSMSI, cité par la Miprof2025
Victimes identifiées lors de diagnostics territoriaux3 200, dont 79 % majeures (29 diagnostics dans 26 départements)Amicale du Nid, citée par la Miprof2019–2025
Signalements de sextorsion29 000, en hausse de 460 % en trois ansMinistère de la Santé / OFMIN2024

Les trois graphiques qui suivent reprennent des séries officielles annuelles.

Dix ans de verbalisation des clients

1 442 contraventions en 2025 : à peine plus qu'en 2017

Contraventions pour achat d'actes sexuels, France, 2016–2025

2016 : année partielle (loi en vigueur à partir d'avril) · 2020 : confinements

Voir les données
Contraventions pour achat d'actes sexuels, France, 2016–2025
AnnéeValeur
2016586
20171 422
20181 185
20191 315
2020724
20211 356
20221 155
20231 160
20241 146
20251 442

Source : Miprof, Lettre n° 27 de l'Observatoire national des violences faites aux femmes (avril 2026) · contraventions 2016–2025

Après le creux de 2020, la verbalisation des clients plafonne entre 1 150 et 1 450 contraventions par an. La Miprof juge ce niveau insuffisant. Ce chiffre mesure l'activité des services de police autant que le comportement des clients.

La demande d'aide face aux arnaques en ligne

504 810 demandes d'assistance en 2025, 17 fois plus qu'en 2018

Demandes d'assistance reçues par Cybermalveillance.gouv.fr, en milliers

≈ valeur arrondie par la source (barres plus claires) · l'intitulé de l'indicateur varie selon les rapports annuels

Voir les données
Demandes d'assistance reçues par Cybermalveillance.gouv.fr, en milliers
AnnéeValeur (milliers)
201829
201991
2020≈ 105
2021≈ 173
2022≈ 280
2023≈ 280
2024423
2025505

Source : Cybermalveillance.gouv.fr, rapports d'activité 2019–2025 (2018 relayé par la presse) · 2018–2025

En 2025, l'hameçonnage représentait 32,9 % des demandes des particuliers. La hausse reflète aussi la notoriété croissante du dispositif, et pas seulement le nombre d'arnaques.

La fraude aux moyens de paiement

Fraude à la carte : 519 millions d'euros en 2024, +18 % depuis 2018

Fraude sur les cartes émises en France, en millions d'euros · évolution 2018–2024 : +18 %

Voir les données
Fraude sur les cartes émises en France, en millions d'euros · évolution 2018–2024 : +18 %
AnnéeValeur (M€)
2018439
2019470
2020473
2021464
2022464
2023496
2024519

Source : Banque de France, rapport de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement 2024, graphique G9b · 2018–2024

La fraude totale aux moyens de paiement est restée stable autour de 1,19 milliard d'euros entre 2022 et 2024. C'est sa composition qui change : la fraude par manipulation, où la victime est convaincue de payer elle-même, atteignait 382 millions d'euros en 2024, soit 32 % du total. C'est le mécanisme des arnaques à l'acompte et aux coupons prépayés.

Sources